RÉUSSIR LA TRANSITION
 

Ce site essaye d'analyser l'impact de l'énergie et de sa production sur le développement.
L'auteur de ce site se considère comme prônant l'écologie, bien qu'il soit favorable à l'énergie nucléaire.
La justification de ce point de vue est l'un des sujets abordés dans ce site.

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Le rapport du club de Rome

 
D'après Jean Marc Jancovici 99% des personnes qui citent ce rapport ne l'on pas lu. Je ne l'ai pas lu non plus, mais j'ai lu la présentation qu'en fait Jean Marc: Ce rapport est un rapport scientifique présentant le travail de recherche qui a été mené :
  • Il décrit la construction et l'utilisation d'un modèle
  • Il donne les résultats obtenus.
Bien entendu, le modèle utilisé est rudimentaire. La limitation des moyens informatiques explique probablement une partie de cet aspect simplificateur du modèle.
 

Pourtant les résultats obtenus sont impressionnant par leur justesse. Cela peut être vérifié sur le site de Jancovici en particulier dans le paragraphe où il présente les résultats d'une comparaison menée par un chercheur australien, Graham Turner, qui a eu l'idée de confronter les données historiques de 1970 à 2000 avec 3 évolutions simulées par le modèle en 1970.

Cela s'explique parce que ce modèle bien que rudimentaire reste plus sophistiqué que ceux qui sont utilisés pour les "prévisions" diverses qui servent de base aux politiques publiques, lesquelles prévisions sont fondées sur des prolongations linéaires des variables les plus classiques sans boucle de rétroaction explicite.

Ce modèle semble donc intéressant et on pourrait sans doute l'utiliser, avec des données actuelles, dans des cas plus spécialisés. Par exemple il serait sans doute possible de réaliser une simulation limitée à la Chine, pour voir si sa croissance est soutenable, et si non pour voir quel est le premier obstacle rencontré. Une simulation avec l'hypothèse "zéro déchet" que l'on a déjà défendu serait aussi d'un grand intérêt pour orienter les politiques vers ce genre de solution.

Il se construit une centrale électrique au charbon par semaine en Chine et donc la situation empire jour après jour. Et cela sans compter que la principale pollution, celle qui a des conséquences planétaire, celle qui est presque irréversible, est celle que  le gaz carbonique, qui est émis, produit dans l'air.

La mise à jour du rapport

Une mise à jour de ce rapport a été produite en 2004 (MEADOWS Donella, RANDERS Jorgen et MEADOWS Dennis, 2004, Limits to Growth. The 30-Year Update, Chelsea Green Publishing, 338 p.). Ce livre n'a pas été traduit en Français mais une présentation intéressante est disponible sur le net. Les scénarios étudiés montrent que le contrôle de la pollution est un facteur important d'amélioration de l'avenir. Toutefois l'hypothèse zéro déchets n'est pas testées mais seulement une décroissance de 4% par an de la pollution générée par unité produite. 

Cette limitation n'a pas une très grande importance puisque le contrôle de la pollution permet de réduire volontairement l'empreinte écologique des activités humaines de façon suffisante. Cette mise à jour permet d'avoir un ordre de grandeur des améliorations possibles et des efforts qu'il faut consentir pour les obtenir. Par contre l'aspect global du premier rapport demeure et on ne sait rien de plus sur l'évolution probable de la Chine et de l'Inde pour ne citer que les cas les plus intéressants.

Le quarantième anniversaire de la publication du rapport a permis une médiatisation de celui-ci et de sa mise à jour en particulier par le Smithsonian institution. On peut trouver sur le site de l'institution un graphique qui synthétise la situation mieux que n'importe quel discours :


 


 

Les courbes en pointillés correspondent aux prédictions réalisées par l'étude publiée en 1972. Les courbes pleines sont représentatives de la réalité constatée soit avant 1970 soit avant 2000 pour la mise à jour. On voit que les prévisions sont remarquables et qu'il semble maintenant impossible d'éviter l'effondrement économique de 2030. On peut essayer de limiter les conséquences de cet effondrement et se préparer à une reprise, mais cela semble le maximum envisageable.

A l'occasion de la sortie en France de la traduction de la nouvelle édition : "Les limites de la croissance" Terraeco.net publie un interview de Dennis Meadows.
 

La menace des déchets



Un des enseignements de ce rapport et de ses mises à jour concerne les déchets. On voit que c'est l'un des trois ou quatre facteurs primordiaux qui dessinent le futur de la terre. Pour les autres facteurs on est pas surpris,  mais que l'évolution soit impactée à ce point par la pollution (qui est la variable du modèle qui prend en compte les déchets) n'est pas évident à priori. Ici on y attache une grande importance et on a traité de son aspect théorique dans un monde fini. Pour montrer à quel point on peut buter sur ce problème on se propose de rapporter des cas Chinois de pollution extrême un peu inattendus.

Il est d'abord bien connu que les villes chinoises sont parmi les plus polluées du monde, que le nombre des voitures s'accroît de manière explosive, ce qui génère des bouchons gigantesques qui n'arrivent même plus à se résorber. Le problème de la pollution des villes Chinoises est tellement grave qu'il suscite les protestations de millions d'internautes Chinois: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/12/06/des-millions-d-internautes-chinois-se-rebiffent-contre-la-pollution_1613733_3216.html.

Mais le cas du barrage des trois gorges est plus représentatif des surprises que l'on peut rencontrer.  Le problème qui était redouté et qui existe était celui de la pollution de surface du fait de l'utilisation irraisonnée d'engrais et de pesticides . Cette pollution favorise des algues qui envahissent les eaux du barrage.

"La pollution présente dans le réservoir des Trois-Gorges est principalement  une  pollution  de ­surface, qui a pour particularité de prendre rapidement de l’ampleur et d’être difficilement maîtrisable. Si la pollution de surface est aussi préoccupante, c’est surtout à cause du poids démographique trop lourd."

Mais le problème supplémentaire auquel on doit faire face est maintenant celui de l'amoncellement des déchets qui risquent d'obstruer les portes d'écoulement du barrage.

Une autre pollution en Chine, plus directement liée à l'énergie, concerne les cendres de charbon

Selon Greenpeace, 25.000 tonnes de métaux lourds présents dans les cendres de charbon sont rejetés chaque année en Chine. Le charbon représente désormais, selon l'ONG, "la première menace environnementale" en Chine et la première source de déchets solides, bien avant les déchets domestiques urbains. 

Le deuxième rapport national d'évaluation sur les changements climatiques est produit par le gouvernement chinois et constate les conséquences du réchauffement climatique : émissions de CO2, hausse des températures, sécheresses, inondations, rareté de l'eau, montée du niveau des mer, faiblesse des récoltes, pollution de l'air. Le pouvoir communiste semble donc avoir renoncé à minimiser ses conséquences et ses coûts.
 

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