RÉUSSIR LA TRANSITION
 

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L'auteur de ce site se considère comme prônant l'écologie, bien qu'il soit favorable à l'énergie nucléaire.
La justification de ce point de vue est l'un des sujets abordés dans ce site.

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Rentabilité du projet de construction d'un Emirat 

L'objectif de cette page est d'examiner dans quelles conditions le projet en question pourrait être rentable. Cette rentabilité dépend de la durée d'amortissement des investissements, du prix du pétrole auquel on peut substituer le carburant de synthèse produit, du coût d'opération des installations, de la valorisation de l'oxygène produit, des frais financiers et éventuellement du niveau d'une taxe carbone.

L'idée est de choisir les hypothèses raisonnables les plus favorables et de déduire de l'analyse de ces hypothèses le prix du pétrole qui rend ce projet rentable.

Notre projet met en place des installations qui ont un coût initial et qui sont d'autant plus justifiées qu'on les utilise longtemps. Comme d'autre part on peut difficilement imaginer de les faire durer beaucoup plus que 60 ans, on va faire l'hypothèse  qu'on les utilise pendant 9 cycles de 7 ans soit 63 ans en tout.

Notre investissement est donc le suivant
:
  • Ile                                           650 000 $
  • Réacteur                             50 000 000 $
  • Centrale électrique               13 000 000 $
  • Extraction CO2                       3 000 000 $
  • Production H2                        6 000 000 $
  • Production carburant            50 000 000 $
  • Recharge réacteur                80 000 000 $ 
Pour un total de 202 650 000 $.
On peut compter sur 7 439 112 Barils de combustibles pour le cycle complet de 63 ans.

Un des coûts important qu'il faut estimer est le coût d'opération sur 63 ans des installations. L'installation devrait être conçue pour être automatisé mais il semble que le minimum à prévoir est de l'ordre de 10 000 000 $ par an pour ce poste. On voit que le prix actuel du pétrole à 80$ le baril permet à peine de couvrir ce seul poste (630 000 000 $ sur 63 ans pour 595 128 960 $ de revenu pour le combustible produit). La petite taille de l'installation n'est pas un avantage pour ce poste.

Mais il faut aussi compter des frais financiers: on peut simplifier les calculs en estimant que les coûts en personnels sont couvert par la production de pétrole et ne compter des frais que sur le coût de l'investissement à 3,5% . La première année cela fait 4 275 250 $.

A quel prix doit-on vendre notre carburant? Il faudrait couvrir tous les frais et avoir une marge de sécurité de 20%.
La production moyenne d'une année est de 118081 barils. Les coûts sont les suivants :
  • Amortissement                3 210 000 $
  • Frais financiers                4 275 250 $
  • Coût d'exploitation         10 000 000 $
Soit 17 485 250 $ à quoi  l'on rajoute la marge de 20% ce qui donne 20 982 300$. Cela met notre baril à 178 $. Mais c'est un baril raffiné et non pas brut,  pour lequel on n'a pas tenu compte d'une éventuelle taxe carbone et de la valorisation de l'oxygène produit par l'électrolyse de l'eau.

Certain procédé de capture du gaz carbonique dans les centrales électriques au charbon utilise de l'oxygène pur pour la combustion du carbone de façon à récupérer 100% de gaz carbonique. Il y a donc une possibilité de valoriser de grandes quantités d'oxygène pour cette utilisation.

On voit que pour que ce carburant soit viable en France, il faudrait qu'il ne soit pas soumis à la TIPP ou que celle ci soit doublée pour le carbone fossile.

Dans ces coûts une part prépondérante vient des coûts d'exploitation, or ceux-ci dépendent en grande partie du niveau des salaires, par exemple si on choisissait une ile chinoise et une exploitation par des chinois on pourrait tabler sur un coût d'exploitation divisé par 10 (le gain sur l'investissement étant supposé négligeable).  On aurait alors de nouvelles valeurs à prendre en compte :

Coût de production la première année : 8 485 250 $ à quoi  l'on rajoute la marge de 20% ce qui donne 10 182 300 $. Cela met notre baril à 86 $ qui est à un niveau proche de sa valeur actuelle. Mais c'est un baril raffiné et non pas brut,  pour lequel on a pas tenu compte d'une éventuelle taxe carbone et de la valorisation de l'oxygène produit par l'électrolyse de l'eau. Dans ces conditions le projet est d'ores et déjà viable! Surtout que la Chine est volontariste sur ces questions (et n'est pas entravé par des anti-nucléaires).

Mais si ce genre d'approche devait se généraliser il faudrait rapidement passer à du nucléaire durable, c'est à dire à des réacteurs de 4ème génération pour ne pas épuiser prématurément l'uranium disponible.
 

Une autre approche?

Si on considère l'offre et la demande d'électricité en France, on se rend compte que les centrales nucléaires ne sont pas utilisées de façon aussi intensive qu'elles le pourraient. Les remarques d'EDF à propos des critiques qui sont faites sur la disponibilité des centrales montrent que 3% d'indisponibilité sont en fait volontaire du fait d'une demande insuffisante. On le comprend très bien en consultant le graphique de la page "l'électricité effaçable".

Comme on produit tous les ans de l'ordre de 400 TWh cela représente 12 TWh par an ce qui est énorme à l'échelle du projet de construction d'un émirat vertueux. Cela permettrait de produire 7 millions de barils de carburant de synthèse par an. Etant données les investissements et les opérations évitées il est vraisemblable que ce carburant de synthèse ainsi produit coûterait de l'ordre de 130 $ le baril.

Nota : Cette page a été créée le 3 Novembre 2010 or le 24 Novembre 2011 L' Office Parlementaire D'évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques a diffusé un compte rendu d'un grand intérêt dans lequel l'estimation précédente du prix du baril de carburant de synthèse est validée.

"Notre projet porte sur le recyclage à moyen terme du CO2 émis par les cimenteries - en particulier de Chine et d'Inde - grâce à l'électricité. Si l'on prend par exemple pour hypothèse un taux d'intérêt annuel de 4% et les coûts de fonctionnement actuel d'un réacteur EPR susceptible de fournir cette électricité, l'on obtient une production d'essence à moins de 130 dollars le baril, hors coûts de captation du CO2."

Le coût est exactement le même mais pour une définition des conditions de production légèrement différente. Cela valide tout de même les ordres de grandeur aussi bien de cette production que du projet dans son ensemble. Une autre information intéressante est dévoilée dans ce rapport :

"L'ensemble de ces éléments demeurent pourtant peu diffusés pour deux raisons essentielles. D'une part, il s'agit de ne pas effrayer les pays pétroliers, en leur indiquant qu'il existe un plafond situé à 150 dollars le baril au-delà duquel plusieurs technologies de substitution sont rentables. D'autre part, cette vision repose sur l'hypothèse d'un taux d'actualisation de 4 %, alors que celui pris en compte dans les modèles économiques de l'industrie pétrolière est de 15%."

Ce qui est désigné comme un taux d'actualisation ( 4% ou 15%) est un taux d'intérêt annuel. Dans notre pays 15% est particulièrement pessimiste et cette pratique est sans doute justifiée, pour l'industrie pétrolière, car c'est une façon de prendre en compte d'autres aléas.

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